Où en est l’Europe sur la législation du cannabis ?

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Alors que le débat sur la légalisation du cannabis est ravivé en France, les pays de l’Union Européenne manquent d’unité sur le sujet.

Le débat sur la légalisation du cannabis continue de faire couler de l’encre. Alors que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin déclarait en septembre dernier : “La drogue c’est de la merde, on ne va pas légaliser cette merde”. La consultation citoyenne sur le sujet lui a donné tord. 80,8% des 250000 sondés se sont déclarés favorables à la légalisation de cette drogue.

Seuls 0.8% des personnes interrogées se dont déclarées favorables à un maintien du cadre législatif en vigueur. A l’échelle européenne également, la France fait office du “cancre” de par sa politique très dure concernant l’usage du cannabis.

L'état de la législation en Europe

L’Union Européenne ne possède pas de législation unique sur le cannabis. Chaque pays étant libre d’énoncer ses propres règles, on observe de fortes disparités entre les pays. Alors que les Pays-Bas ou l’Espagne ont des politiques souples concernant la consommation, la vente y est strictement encadrée, notamment dans les célèbres “coffee-shop” hollandais, et les particuliers n’ont pas le droit de vendre du cannabis.

D’autres pays comme le Portugal, l’Italie, la Suisse ou la Belgique autorisent la possession – jusqu’à 5 grammes – mais n’exercent pas de contrôles stricts. Enfin, la France, la Grèce ou la Suède continuent de criminaliser la possession et la consommation de cannabis. 

L'état de la législation en Europe

La rigidité des institutions concernant le cannabis n’est cependant valable que pour l’usage récréatif du cannabis. La politique des pays de l’Union Européenne concernant l’usage médical est plus souple, puisqu’il est autorisé dans 20 des Etats-membres (Autriche, Allemagne, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède).

D’autres subtilités, variables selon le pays, sont également observables. La principale concerne les pays qui autorisent la vente, voir la culture de cannabis à l’état naturel pour soigner certaines maladies. C’est en opposition à ceux qui n’autorisent que des médicaments à base de cannabinoïdes de synthèse à visée thérapeutique comme le Sativex  (spray buccal) ou le dronabinol (Marinol).

La France se situe dans la deuxième catégorie, et n’a autorisé que la vente du Sativex, utilisé pour soulager les patients atteints de sclérose en plaque.

Un business qui pourrait rapporter gros en France

Les réticences des politiques, notamment en France, se heurtent à la réalité de la consommation et de l’opinion publique. En 2020, la dépense des Français en cannabis est estimée à 3.24 milliards d’euros. L’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies) dénombre près de 5 millions de consommateurs, dont 1.4 millions que l’on pourrait qualifier de “réguliers”.

Il s’agit là d’un des principaux arguments politiques en faveur de la légalisation : au vu des bénéfices du secteur, la légalisation du cannabis pourrait permettre à l’Etat de prendre la main sur une manne financière conséquente. Parmi les autres arguments, on retrouve aussi régulièrement celui de l’affaiblissement des trafics et du contrôle sur le produit consommé.

Nul doute en tout cas que le sujet devrait être un des enjeux des élections présidentielles de 2022. Le projet, déjà porté par le candidat socialiste Benoit Hamon en 2017, devrait être étudié par LREM, qui cherche à mettre en place des projets de loi à visée “sociale” avant 2022.

Justin Escalier

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